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La construction de modèles 3D assistée par système expert : un exemple appliqué à la géologie
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La modélisation 3D assistée par système expert Une approche envisageable pour la construction assistée de ces modèles est de disposer d’un logiciel capable de diriger le processus de modélisation géologique 3D. Ce logiciel devrait répondre à certains critères comme de permettre une prise en main simple du logiciel par l’utilisateur ou encore de réduire les manipulations afin de diminuer le plus possible le temps de construction. Le logiciel devrait également être capable d’analyser les données en faisant intervenir l’utilisateur le moins possible et de construire le modèle 3D sans intervention (ou presque). Par ailleurs, le logiciel devrait intégrer un mécanisme de contrôle afin d’assurer la cohérence des modèles construits. Une des solutions consiste à exploiter un système expert. Un système expert est capable de simuler des raisonnements employés par des experts humains pour analyser et résoudre des problèmes. Il emploie pour cela des règles si-alors (Buchanan, 1988). Par exemple, « SI l’unité de granite est sous l’unité de grès ALORS le granite est plus ancien que le grès ». Cette approche a été jugée pertinente dans un contexte de modélisation géologique car les géologues emploient de nombreux principes pouvant être traduits sous forme de règles (Hart, 1978). L’utilisateur de ce type de logiciel, quant à lui, peut dialoguer avec le système expert pour lui fournir des informations simples (le type de roche par exemple). Il est aussi possible d’élaborer et d’ajouter assez facilement des règles de validation de la cohérence des modèles 3D produits. Prototype et expérimentation de l’application OMEGAH 3D Dans le cadre d’un projet de doctorat, le prototype Outil de modélisation expert géologique pour des applications hydrogéologiques 3D (OMEGAH 3D) et diverses expérimentations ont été réalisés pour implémenter un système expert, des fonctionnalités de modélisation géométrique 3D et les connaissances des experts géologues. Ce travail faisait partie intégrante du projet GEOIDE GeoTopo3D et il a été effectué de concert avec la Commission géologique du Canada (CGC) à Québec. Plusieurs scientifiques de la CGC en particulier sont intervenus dans le processus de formalisation des connaissances dont A. Rivera, A. Bolduc, Y. Michaud et S. Paradis, de même qu’une experte en modélisation géologique 3D de l’Institut national de la recherche scientifique (K. Bédard). Données et normes employées Deux normes internationales ont été retenues afin de limiter les difficultés d’intégration d’une part des différents types de données lors de la construction du modèle et d’autre part du modèle construit dans des applications (hydrogéologiques par exemple). La norme ISO-19107 (Schéma Spatial) produite par l’ISO TC/211 a été utilisée pour la normalisation des données spatiales et la norme GeoSciML (GeoSciences Markup Language), développée par CGI (Commission for the Management and Application of Geoscience Information) et basée sur la norme GML de l’OGC, pour la normalisation des données géoscientifiques. Analyse des données : cas des coupes géologiques À ce jour, OMEGAH 3D exploite une soixantaine de règles, en majorité destinées à l’analyse des données et environ soixante-dix concepts spatiaux (provenant du Schéma Spatial) et thématiques (extraits de GeoSciML). Construction du modèle 3D L’étape suivante consiste à associer les coupes pour en produire une représentation volumique. Pour construire le modèle 3D, la version actuelle d’OMEGAH 3D exploite les graphes 2D de deux coupes géologiques parallèles entre elles et qui servent de « squelette » au modèle 3D. OMEGAH 3D apparie les graphes 2D sans intervention de l’utilisateur. Cette association permet de constituer un seul graphe de construction 3D (fig. 4). Cliquez sur l'image pour un agrandissement Fig. 4 : A et B – Exemples de coupes parallèles d’un site. Le système interpole par la suite en respectant l’ordre des étapes de construction. Il intègre également à ce stade les données de forage relatives aux objets géologiques en cours de construction afin d’améliorer localement la qualité du modèle et de fournir un résultat comparable au modèle construit par les experts de la CGC (fig. 5). Cliquez sur l'image pour un agrandissement Fig. 5 : A – Modèle 3D d’OMEGAH 3D avec les forages. Discussion OMEGAH 3D a été testé sur une zone de l’esker Saint-Mathieu (Abitibi) d’environ dix kilomètres de large, trois kilomètres de long et deux cents mètres de profondeur, constituée de cinq types de roche différents. Deux coupes géologiques, constituant les limites nord et sud de la zone test, et vingt-neuf forages ont été utilisés pour constituer le modèle 3D. Ce test montre qu’un système expert est en mesure d’analyser certains types de données et de les intégrer afin de construire un modèle 3D. Le gain de temps est appréciable, passant de plusieurs heures pour la construction par un spécialiste dans un logiciel spécialisé (gOcad) à une vingtaine de minutes dans notre cas particulier. Le système expert permet de formaliser et de superviser la construction de modèles géologiques 3D en prenant en compte certaines étapes d’analyse et les étapes techniques de modélisation 3D. La qualité du modèle 3D obtenu a été évaluée en le comparant au modèle construit par la CGC. L’analyse comparative visuelle des formes des objets, volumiques en particulier, montre que celles-ci sont globalement respectées même si on note des variations locales. Les volumes sont également comparables (tableau 1). Ces premières analyses laissent penser que ces variations sont dues à la méthode d’interpolation employée ainsi qu’à la simplicité de la version actuelle d’OMEGAH 3D. Nous estimons que celle-ci, même si elle doit être améliorée, serait très utile pour la construction de modèles « prototypes ». À plus grande échéance, l’emploi d’un système expert permettrait de généraliser la construction et donc l’utilisation de modèles géologiques pour des domaines autres que la géologie (génie civil, hydrogéologie, etc.).
Tableau 1 : Tableaux comparatifs des volumes des deux modèles. Nous estimons que les travaux futurs pourraient être orientés selon trois axes principaux.
Remerciements Nous remercions les experts de la Commission géologique du Canada à Québec pour leur expertise et pour nous avoir fourni leurs données. Nous remercions également MM. Ch. Thérien et V. Thomas pour leur aide dans la programmation du prototype ainsi que le réseau GEOIDE pour le financement. Pour en savoir plus
Références
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