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fevrier-2010

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La géomatique, un outil indispensable au travail des conseillers en aménagement et développement rural du MAPAQ

Par Evelyne Vouligny,
Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries
et de l'Alimentation

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) compte dans son organisation une vingtaine de conseillers en aménagement et développement rural. Ce sont des agronomes, mais également de plus en plus de jeunes professionnels formés en géographie, en urbanisme ou en environnement répartis dans toutes les régions du Québec. Ces professionnels militent pour le développement durable des activités agricoles tout comme la pérennité du territoire supportant ces activités; pour mener à bien leur mission ils comptent sur la géomatique sur une base quotidienne.

Un rôle spécifique

Dans les différentes directions régionales du MAPAQ, le conseiller en aménagement est responsable des dossiers de mise en valeur et de protection du territoire agricole. Entre autres choses :

  • il prépare des avis ministériels relatifs à la conformité des outils régionaux d’aménagement (schéma d’aménagement et de développement, règlement de contrôle intérimaire, etc.) avec les orientations gouvernementales;
  • il prépare des avis relatifs aux projets d’implantation d’infrastructures;
  • il soutient les MRC afin de favoriser la cohabitation harmonieuse des usages en zone agricole;
  • il collabore à des projets de nature autre qu’agricole, mais pouvant avoir des effets sur le territoire agricole.

Comprendre la dynamique agricole

Le conseiller en aménagement et développement rural du MAPAQ utilise la géomatique d’abord comme outil de connaissance et d’analyse du territoire. En effet, les analyses qu’il doit effectuer exigent qu’il ait accès, pour un secteur ciblé du territoire agricole, à des données géographiques lui permettant de répondre à certaines questions fondamentales telles que les suivantes :

  • Quelle est l’utilisation du sol?
  • Quelle est la qualité des sols?
  • Quel type de production trouve-t-on?
  • Où se trouvent les producteurs agricoles?
  • Où se situent les installations d’élevage?

À titre d’exemple (figure 1), l’impact de l’agrandissement d’un périmètre urbain en zone agricole ne peut s’évaluer sans estimer le nombre de producteurs touchés, sans considérer les installations d’élevage potentiellement dérogatoires à un règlement et qui verraient leur projet d’expansion compromis et sans s’intéresser aux types de sol trouvés dans le secteur.

Figure 1 : Exemple de trois couches d’information de « nature agricole » permettant de documenter la dynamique agricole autour d’un périmètre urbain. Sur la première figure, les points verts représentent les unités d’évaluation cultivées par le propriétaire et sur lesquelles on ne trouve pas d’installation d’élevage. Les points bleus de la deuxième figure indiquent les producteurs agricoles tandis que la dernière figure présente les classes de sols trouvés dans ce secteur.

Pour ce faire, le conseiller en aménagement et développement rural utilise les données que produisent les ministères et organismes (MO) en matière d’agriculture (Commission de protection du territoire agricole, La Financière agricole du Québec), mais également et surtout les données que produit son propre ministère. Le Ministère procède tous les trois ans à l’enregistrement des producteurs agricoles. À cette occasion, il les questionne notamment sur leur production, les superficies qu’ils cultivent, leur revenu, leur pratique agroenvironnementale ou encore leur intention de vendre ou d’établir leur relève. C’est ainsi que le MAPAQ est en mesure de localiser dans l’espace le site d’exploitation des producteurs de même que leur unité d’évaluation (parcelles agricoles) et d’associer à ces « centroïdes » une base de données fort utile afin de comprendre la dynamique d’un territoire agricole. Le conseiller consulte cette information géoréférencée par l’entremise de certaines applications géomatiques tels Géomapaq (GÉOinfo de janvier 2009) ou, pour les plus habiles, le Système d'Information Géographique Ministériel en Alimentation (SIGMA). Celui-ci utilise les plus récentes fonctionnalités des technologies d'ESRI. Cet accès rapide à ces données « de terrain » fiables évite au conseiller bien des déplacements!

Diffuser ou favoriser le développement de l’agriculture

Afin de favoriser une bonne planification du territoire et une prise de décision en phase avec les réalités agricoles, le conseiller en aménagement et développement rural est souvent appelé à diffuser auprès de ses interlocuteurs du monde municipal et du secteur de l’environnement les données produites par son ministère. D’ailleurs, de par ses orientations, le gouvernement du Québec demande à chacune des municipalités régionales de comté (MRC) de caractériser son territoire agricole, caractérisation qui nécessite que le MAPAQ partage les informations qu’il détient à ce sujet.

S’il n’y a pas si longtemps encore les aménagistes des MRC recevaient du MAPAQ des cartes thématiques et des tableaux de données, l’heure est maintenant à la transmission d’information géographique. Les plans de développement de la zone agricole (PDZA) sont un bon exemple de ce travail de partage qu’assument les conseillers en aménagement et développement rural. Des projets pilotes ont cours actuellement dans huit MRC au Québec. Ils ont notamment pour but de favoriser l'occupation dynamique de la zone agricole centrée sur l'agriculture et de mettre en valeur le potentiel agricole dans une perspective d'accroissement ou de diversification des activités agricoles.

En s’inspirant des démarches de planification stratégique, les MRC doivent produire un diagnostic et dégager leur vision de l’avenir relativement à leur territoire agricole. Dès lors, afin de poser le meilleur diagnostic qui soit, les MRC veulent obtenir les données géographiques du MAPAQ et les croiser avec leurs propres données. Toutefois, la transmission de tels fichiers et le soutien que celle-ci commande s’avèrent relativement exigeants. Pour des questions de confidentialité, entre autres choses, les données ne peuvent être transmises telles quelles : un certain traitement est nécessaire. Les conseillers en aménagement et développement envisagent donc dans les prochaines années un travail de partage des données géographiques considérable puisque, bien qu’actuellement limités à huit, les PDZA pourraient, dans un avenir plus ou moins rapproché, être une démarche privilégiée par de nombreuses MRC.

Pourrait-on penser au MAPAQ à une plate-forme facilitant la consultation et le partage de l’information géographique? Un projet, auquel collabore le Ministère, est en cours dans la MRC d’Acton (Montérégie); on cherche à développer un mécanisme efficace d’accès à l’information géographique gouvernementale. Cela laisse entrevoir de nouvelles façons de faire. Parions que les conseillers en aménagement et développement rural du MAPAQ y prêteront un grand intérêt…

 



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