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Protection du public et diffusion éthique de l'information géospatiale
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La fausse impression d’exactitude Les usagers non experts ont parfois une confiance démesurée en l’exactitude ou la fiabilité des données géospatiales qu’ils utilisent. D’abord, il faut savoir que les données géospatiales sont des données d’observations captées à l’aide d’équipements plus ou moins sophistiqués. Deuxièmement, alors que la terre a une forme plus ou moins ellipsoïdale, les représentations du territoire sont majoritairement effectuées comme si la terre était une surface plane. Pour réaliser cette transformation, les cartographes doivent donc utiliser un ensemble de modèles mathématiques complexes qui déforment inévitablement la position réelle sur le terrain. Troisièmement, un document cartographique constitue un modèle réduit de la réalité. La notion d’échelle est inévitable puisqu’il est impossible de représenter la réalité avec une échelle de 1 pour 1. Un choix doit obligatoirement être effectué et certains objets jugés non pertinents ne seront pas cartographiés. Quant aux objets qui sont représentés, les cartographes doivent opérer une série de traitements sur les données de manière à ce que le document demeure lisible et compréhensible. Par exemple, certains objets seront réduits, exagérés, lissés, déformés, etc. Au final, un document cartographique ne sera toujours qu’un modèle de la réalité ou une approximation de la réalité. Des conséquences parfois désastreuses Même si les tribunaux ne sont pas encore envahis par des poursuites en responsabilité civile visant à réparer des dommages occasionnés par l’utilisation de données géospatiales, on constate tout de même une multiplication de sinistres subis ou de problèmes rencontrés par les utilisateurs. Par exemple, au chantier de construction La Romaine, un opérateur est mort noyé dans un étang. Le malheureux est décédé lors des opérations visant à dégager sa machinerie qui s’était enlisée dans un étang non cartographié1. Un autre cas est celui de Gestem qui a procédé à un forage jugé illégal dans Lotbinière parce que ce dernier empiétait dans un marécage. En effet, tout forage effectué dans un milieu humide doit faire l’objet d’une autorisation délivrée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Les cartes ne montraient pas la présence de ce marécage2. Il y a eu aussi ce cas de l’étudiante en médecine qui a abondamment fait les manchettes. L’histoire veut qu’elle soit demeurée isolée en plein hiver pendant plus de trois jours sur un chemin forestier au Nouveau-Brunswick à la suite de mauvaises indications données par le GPS installé à bord de sa voiture3. Finalement, le 21 mars dernier, un couple a suivi les indications données par son GPS afin de prendre un raccourci dans les montagnes du Nevada, et ce, afin d’atteindre plus rapidement sa destination, soit Las Vegas. La route suggérée par le GPS était praticable en période estivale, mais pas au printemps. La voiture du couple s’est donc enlisée. L’homme a quitté le véhicule afin de trouver des secours. Il n’a jamais été revu depuis. Quant à la dame, elle a été retrouvée vivante après 49 jours d’attente4. Inquiétude quant à la protection de la vie privée La prolifération des capteurs distribués et le développement des technologies de mobilité (p. ex., GPS, systèmes RFID, sans fil), permettant la collecte d’information sur les déplacements des humains (ou les équipements qu’ils utilisent), soulèvent d’évidentes considérations liées à la vie privée. Ces technologies peuvent déroger aux normes canadiennes en vigueur et porter atteinte à la protection de la vie privée des citoyens canadiens, et cela, de manière potentiellement dramatique. La figure ci-dessous montre un exemple de carte produite avec Iphone Map ainsi que les déplacements d’un abonné.
De la lumière sur ces questions Une équipe de chercheurs, réunis dans un projet du Réseau GEOIDE (voir l’encadré), s’intéresse à la question de la protection du public utilisant des données géospatiales. Les objectifs de ce projet sont les suivants :
1. Journal Le Soleil, dimanche 19 septembre 2010. |
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