Gouvernement du Québec

GÉOInfo - Chroniques du Québec géographique

Février 2008

L'Entente Canada-Québec sur l'utilisation des données RADARSAT, mission accomplie!

Par Chantal Seuthé

Après huit années fructueuses de projets industriels et de recherche, les gouvernements du Canada et du Québec ont mis fin à l’Entente Canada-Québec sur le développement de l’utilisation des données RADARSAT, à l’automne 2007. Une somme de 6,4 M$ a été investie : 4 M$ par le gouvernement fédéral et 2,2 M$ par le gouvernement du Québec. Les résultats sont concluants : les 23 projets industriels et 7 projets de recherche menés ont contribué de façon importante au développement du savoir-faire des entreprises québécoises, au soutien de la recherche universitaire et à la formation de compétences spécialisées et de la main-d’œuvre.

Une entente sous le signe du développement des compétences québécoises

L’Entente Canada-Québec sur le développement de l’utilisation des données RADARSAT a commencé en 1998. Elle visait à faciliter la coordination des efforts des gouvernements du Canada et du Québec relativement au développement de l’utilisation des données du satellite canadien d’observation de la Terre RADARSAT-1.

Le Québec avait aussi des objectifs plus spécifiques, soit de :

  • contribuer au développement et à la promotion des compétences de l’industrie québécoise de la télédétection;
  • développer les compétences de recherche des universités en télédétection par radar;
  • promouvoir l’utilisation par les ministères québécois des images satellite, notamment les images radar.

Pour ce qui est du gouvernement fédéral, l’entente a été gérée par un comité composé de l’Agence spatiale canadienne (ASC). Au Québec, le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) en assuraient la gestion.

L’ASC était chargée des appels de propositions, des programmes dans lesquels devaient s’inscrire les projets et de l’enveloppe budgétaire fédérale. Le MDEIE était, pour sa part, responsable de l’enveloppe budgétaire de la contribution québécoise et le MRNF, du suivi scientifique des projets.

Le NUMÉRIMAGE de juillet 1998 trace les grandes lignes de cette entente. D’une durée initiale de trois ans, l’entente a été renouvelée pour un autre trois ans, à la suite de l’intérêt manifesté par les participants. Même si l’entente se terminait en mars 2005, les derniers projets acceptés se sont achevés à l’automne 2007 (voir le GÉOinfo de décembre 2002).

Des projets qui font des petits

La phase I de l’entente, tenue entre 1998 et 2001, a permis de financer huit projets industriels et sept projets de recherche, dans lesquels le Canada a investi 1,3 M$ et le Québec, 1,5 M$, pour un total de 2,8 M$. Les projets du volet de soutien à la recherche universitaire ont été gérés par le Fonds pour la formation de chercheurs et l’aide à la recherche (Fonds FCAR), devenu le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies en juin 2001.

Projets de la phase I de l’entente

Projets industriels

  • Caractérisation des unités du cadre écologique de référence à petite échelle par télédétection (Del Degan, Massé et ass.)
  • Mise à jour des données cartographiques de l'inventaire forestier en forêt privée à l'aide de données d'observation de la Terre (Tecsult)
  • Percée de RADARSAT pour diminuer les risques d'inondation en Europe – projet FLOODGEN-Canada (Viasat géotechnologies)
  • Développement d'un système d'intégration d'images satellite pour l'élaboration et la gestion des scénarios d'aménagement du territoire (Géomat int.)
  • Mise en œuvre d'un réseau d'affaires pour la commercialisation des produits et des services géoscientifiques RADARSAT (MIR télédétection)
  • Exploitation et intégration des données de télédétection dans le processus de production des rapports d'inventaires géoscientifiques (MIR télédétection)
  • Utilisation des images RADARSAT en ligne comme base cartographique pour des géorépertoires (Hauts Monts inc.)
  • Prototype de Base de données altimétriques (BD ALTI) à partir de données du satellite RADARSAT pour la cartographie du territoire à l'échelle régionale (Géomat int.)

Projets de recherche

  • Application géomatique de RADARSAT à l’observation des risques d’inondation et d’érosion dans le sud du Québec (Université de Sherbrooke)
  • Détection des cibles en milieu forestier : fusions d’informations multisources (Université de Sherbrooke)
  • Détection et classification des milieux humides à partir des images RADARSAT-1 (INRS-Eau)
  • Intégration de l’imagerie RADARSAT pour le suivi hydrique des terres agricoles du Québec (Université Laval)
  • Intégration de RADARSAT et du GPS pour les changements dynamiques du relief (Université Laval)
  • Utilisation des bases de données multisources pour l’identification automatisée des points de contrôle sur les images RADARSAT (Université Laval)
  • Système prototype pour le suivi des changements de l’occupation du sol par fusion de l’imagerie RADARSAT et d’autres données d’observation de la Terre (Université de Montréal)

La phase II de l’entente a aussi été très prolifique puisque 15 projets industriels ont été menés, pour un investissement du gouvernement fédéral de 2,7M $ et de 637k $ du gouvernement du Québec, soit un total de 3,4 M $.

Projets industriels de la phase II de l’entente

  • Fusion stéréoscopique d’images d’observation de la Terre pour l’implantation des réseaux de téléphonie sans fil de 3e génération - projet Solutions 3D/3G (Viasat Géotechnologies)
  • Développement d’une méthodologie visant l’intégration de données hyperspectrales satellitaires et aéroportées dans le processus d’inventaire et de cartographie de la régénération forestière (Tecsult)
  • Intégration opérationnelle d’information minérale dérivée de données hyperspectrales dans un système d’évaluation du potentiel minéral (MIR télédétection)
  • Intégration des données d’OT RADARSAT, Landsat et Hyperion dans la mesure et le suivi des indicateurs d’aménagement durable (Tecsult)
  • Prototype de Base de données altimétriques BD-ALTI – phase II (Géomat int.)
  • Mise à jour des cartes d’occupation du sol à partir d’images RADARSAT et de données territoriales (Synetix). Voir aussi l’article du Géoinfo de septembre 2007.
  • Évaluation du potentiel éolien par images satellite (Helimax)
  • Adaptation d’applications pour la protection des forêts contre le feu (Tecsult)
  • Vision stéréoscopique d’images satellite dans les progiciels DVP – projet DVPsat (DVP-GS et Intélec géomatique)
  • Cartographie du trait de côte à l'aide des données RADARSAT-I et II (Géomat international et Procean env.)
  • Observation de la Terre et connaissance du territoire du Québec - trousses éducatives (Softmap)
  • Intégration des données d'observation de la Terre à la cartographie hydrogéologique (Tecsult)
  • Adaptation du logiciel SIGMA aux besoins de détection de changement et de mise à jour cartographique à l'échelle de 1/20 000 (Synetix)
  • Développement et commercialisation de produits sur le potentiel en hydrocarbures de la Gaspésie à l'aide de la technologie RADARSAT (MIR télédétection)
  • Solutions opérationnelles de cartographie topographique, écoforestière et des paysages nordiques par stéréoscopie satellitaire multicapteurs – projet StéréoSat Nord (Viasat Géotechnologies)

L’ensemble des projets de l’entente a engendré une activité industrielle de 10,6 M$, pour une contribution de 1,5 M$ du gouvernement du Québec, soit un effet de levier de 7 pour 1. Mais, outre cela, les firmes qui ont participé à ces projets, et parfois à plusieurs projets, ont développé une expertise enviable et ont, dans certains cas, développé des marchés importants au Québec, au Canada et à l’étranger.

L’un des objectifs importants de l’entente a donc été atteint : celui de développer et de promouvoir les compétences de l’industrie québécoise de la télédétection. Par ailleurs, par ces projets, huit ministères et organismes du gouvernement du Québec ont été sensibilisés à l’utilisation de ces données et ont, pour certains, intégré les images satellite à leurs processus de gestion :

  • le ministère des Ressources naturelles et de la Faune;
  • le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs;
  • le ministère des Transports;
  • le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport;
  • le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire;
  • le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation;
  • la Commission de protection du territoire agricole du Québec;
  • la Société de protection des forêts contre le feu .

Quelques exemples

Voici trois exemples concrets de projets qui ont mis de l’avant les capacités des industries québécoises et qui ont eu un impact sur les processus de gestion des ministères, organismes ou instances régionales concernés.

  • TECSULT a mis au point une méthode opérationnelle pour produire différentes cartes hydrogéologiques régionales basée sur différents outils, tels que les systèmes d’information géographique, la modélisation hydrologique et les informations extraites des images satellitaires. La méthode a été développée sur le bassin versant de la rivière Châteauguay et a permis de faire des cartes de la recharge, du potentiel, de la vulnérabilité et de la sensibilité des aquifères régionaux. Fort de cette expérience, Tecsult a réalisé par la suite un contrat pour le bénéfice du Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC). Ce contrat fait partie d’un vaste projet de caractérisation des eaux souterraines du bassin versant de la rivière Chaudière (secteurs Basse et Moyenne-Chaudière), financé par le Conseil pour le développement de l’agriculture au Québec dans le cadre du Programme d’approvisionnement en eau Canada-Québec d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, dont les promoteurs sont les fédérations de l’UPA de Lotbinière-Mégantic, de Lévis-Bellechasse et de la Beauce. Ce projet permettra d’accroître les connaissances en eaux souterraines des secteurs à l’étude. Les résultats seront publiés dans Internet et sur cédérom, sous forme de cartes thématiques commentées, à la façon d’un atlas.
  • VIASAT GeoTechnologies, avec le projet StéréoSat Nord, a conçu des solutions opérationnelles (StéréoSat TM) pour la production de données topographiques et thématiques dans une gamme d’échelles. L’approche s’appuie sur l’acquisition, l’interprétation et la classification d’images satellitaires radars et optiques en stéréoscopie. Des produits de démonstration ont été présentés au ministère des Ressources naturelles et de la Faune ainsi qu’au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec pour la production de cartes écoforestières et géomorphologiques dans le nord du Québec. La solution StéréoSat TM permet à VIASAT GeoTechnologies de produire des données topographiques et thématiques dans plusieurs régions du monde pour répondre aux besoins de ses clients. Par ailleurs, l’entreprise fait actuellement du transfert technologique auprès de l’Institut géographique national du Pérou qui souhaite utiliser l’approche StéréoSat TM pour la cartographie topographique aux échelles de 1/5 000 et de 1/25 000.
  • Synetix a mis au point le logiciel Sigma0 pour la détection automatisée des changements d’occupation du sol dans les terrains vacants à partir de données du satellite RADARSAT. La Commission de protection du territoire agricole du Québec, pour réaliser son mandat lié au contrôle de l’utilisation du territoire et à l’application de la loi pour le territoire qui est de son ressort, a adopté Sigma0. D’abord développé pour les zones urbaines, cet outil lui permet, grâce à une procédure semi-automatisée qui nécessite peu de formation, d’avoir une appréciation rapide et très abordable de la situation existante relative aux espaces vacants en zone non agricole.

Vers Radarsat 2…

Radarsat 2L’épopée du satellite Radarsat ne s’arrête pas là! En effet, Radarsat 2 (http://www.asc-csa.gc.ca/fra/satellites/radarsat2) a été lancé avec succès le 14 décembre 2007 et les premières images de ce satellite sont prometteuses! Fortes de leur expérience avec Radarsat-I et de l’appui financier des gouvernements du Québec et du Canada qui leur a été accordé, nos industries québécoises sont mieux préparées à relever le défi de l’utilisation de ces nouvelles images, qui offriront de nouvelles capacités techniques de multipolarisation, un atout important pour l'identification des caractéristiques de surface et des cibles.

Renseignements :

Chantal Seuthé
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
418 627-6250, poste 2146
chantal.seuthe@mrnf.gouv.qc.ca

Mario Hinse
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
418 627-6284, poste 2116
mario.hinse@mrnf.gouv.qc.ca



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